Engagement des salariés et management en TPE PME : la vérité.
Sep 29, 2026Le beurre, l'argent du beurre… et si on se disait la vérité sur l'engagement des salariés ?
Je vais écrire quelque chose qui ne fera plaisir ni à tous les dirigeants, ni à tous les salariés. Je l'écris quand même, parce qu'on ne construit rien de solide sur des non-dits.
Une petite musique résonne dans beaucoup d'entreprises françaises. D'un côté, une quête légitime de bien-être, de flexibilité et de sens. De l'autre, une tentation qu'on connaît tous : vouloir le beurre, l'argent du beurre, la crémière… et surtout pas les contraintes. Recevoir comme un dû, donner comme une option.
Cette phrase peut se lire dans les deux sens. Le salarié qui attend tout sans s'impliquer existe. Mais le dirigeant qui attend une implication totale sans avoir jamais dit clairement ce qu'il attend existe aussi. Regardons les chiffres, puis le terrain.
Le constat : le désengagement au travail en chiffres
Selon Gallup (rapport 2026, données 2025), 8 % des salariés français seulement sont engagés dans leur travail, contre 12 % en moyenne en Europe et 20 % dans le monde. 72 % sont non engagés et 20 % activement désengagés. À titre de comparaison, l'engagement mondial est tombé à 20 % en 2025, son plus bas niveau depuis 2020.

Ce désengagement n'est pas une fuite. En 2024, 29 % seulement des salariés français cherchaient activement un autre emploi ou regardaient les opportunités, ce qui place la France au 26e rang européen. Beaucoup restent en place, sans enthousiasme : un désengagement sur place.
Autre élément du décor : plus de neuf salariés sur dix jugent que la qualité de vie et des conditions de travail devrait être un enjeu majeur pour leur employeur (Ipsos pour Qualisocial, 2025). L'attente est forte, et elle est légitime. Reste à savoir ce qu'on propose en échange.
Ce que les chiffres ne disent pas
Je refuse le raccourci « les Français ne veulent plus travailler ». Rapporté aux personnes en emploi, les Français travaillent 1 494 heures par an, contre 1 340 en Allemagne, pour une moyenne européenne estimée à 1 570. Ce n'est pas le volume d'heures qui est en cause.
Le désengagement n'est pas non plus une exclusivité française : le Japon affiche le même 8 %. Et on ne peut pas tout expliquer par la générosité de notre système social. La France avait en 2022 le ratio de dépenses sociales publiques le plus élevé de l'OCDE (31,6 % du PIB), mais selon la DREES, la Finlande prendrait la première place en 2024, alors que des pays nordiques comme la Suède affichent un engagement bien supérieur au nôtre. Protection et engagement ne s'opposent donc pas mécaniquement.
Enfin, le problème n'est pas que celui des équipes : l'engagement des managers est passé de 31 % en 2022 à 22 % en 2025 dans le monde. Ceux qui sont censés entraîner les autres s'essoufflent eux aussi.
Ce que je vois depuis la place du dirigeant
Dans une TPE-PME, il n'y a pas de direction des ressources humaines pour amortir, ni de strates managériales pour absorber les tensions. Tout se joue en ligne directe. Dans mon métier, ce que j'entends revenir chez les dirigeants, c'est :
- Relancer ce qui devrait se faire sans eux.
- Compenser les responsabilités que personne ne prend.
- Douter d'une personne, d'un rôle, de leur propre management.
- Repousser des conversations qu'ils savent nécessaires.
Chaque semaine, ces sujets prennent du temps et de l'énergie, et il en manque ensuite pour diriger. Gérer l'humain en entreprise devient alors ce qui use, jusqu'à l'épuisement du dirigeant.
Ce que j'observe, c'est que le problème ne vient presque jamais d'une seule personne. Il se joue dans l'équilibre entre le projet du dirigeant, ce qu'il porte et décide lui-même, et le rôle réel de chacun dans l'équipe. Quand ces trois forces ne vont plus dans la même direction, quelqu'un compense. Et c'est le plus souvent le dirigeant.
La vérité qui dérange, des deux côtés
Pour les salariés. Demander du respect, de la flexibilité et un équilibre de vie est sain, et un travail qui use n'est pas une fatalité. Mais un contrat de travail qui consisterait à recevoir (salaire, avantages, temps libre) sans jamais s'engager en retour n'est pas tenable, ni pour l'entreprise, ni à terme pour vous.
Pour les dirigeants. L'engagement ne se décrète pas et ne s'achète pas avec des avantages. Il naît de la clarté : à quoi sert mon rôle ? Qu'attend-on de moi ? Qui décide de quoi ? Un dirigeant qui n'a jamais dit ses attentes a signé un contrat implicite qu'aucun des deux ne peut honorer. Il faut parfois oser recadrer, repositionner, et dans certains cas se séparer.
Dans les deux cas, le silence n'est pas neutre : il installe le paradoxe.
Et vous, qu'en pensez-vous ?
Je préfère une vraie discussion à un consensus poli.
Ce désengagement est-il réellement un manque d’envie ? Ou le signe d’un rapport au travail qui a changé, dans des entreprises où les attentes des salariés comme celles des dirigeants ne sont pas toujours clairement posées ?
Un système très protecteur affaiblit-il la notion d’effort, ou donne-t-il au contraire la sécurité nécessaire pour s’engager davantage ? Et surtout : jusqu’où l’entreprise doit-elle donner pour obtenir de l’engagement en retour ?
Je n’ai pas de réponse universelle. Mais je suis convaincue d’une chose : une équipe ne peut pas fonctionner durablement lorsque les attentes, les responsabilités et la réciprocité restent implicites.
Et dans une TPE-PME, quand ce cadre devient flou, c’est souvent le dirigeant qui finit par compenser : il relance, absorbe les tensions, reprend ce qui n’est pas fait et repousse les décisions difficiles.
Si vous vous reconnaissez dans cette situation, c’est précisément là que j’interviens avec la méthode Sucseed : en 3 mois, comprendre ce qui bloque, prendre les décisions qui s’imposent et agir pour remettre la dynamique humaine de votre équipe en mouvement.
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Quand chacun sait ce qu'il donne et ce qu'il reçoit, tout le monde y gagne : l'équipe, l'entreprise, et le dirigeant. C'est à cela que je souhaite contribuer.
Sources : Gallup, State of the Global Workplace 2026 (données 2025) ; Euronews (avril 2026) ; Ipsos pour Qualisocial (2025) ; OCDE ; DREES (décembre 2025) ; Toute l'Europe / Franceinfo (heures travaillées).