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Violence à l’école : réponse à la lettre du ministre de l’Éducation nationale

Violence à l’école : l’autorité suffit-elle vraiment ?

confiance en soi parentalité système éducatif violence scolaire école éducation Mar 06, 2026

Un enfant qui se sent capable construit.
Un enfant qui se sent inutile finit parfois par détruire.

La violence à l’école est inadmissible. Mais que se passe-t-il vraiment aujourd’hui en France ?

Dans une lettre adressée aux parents le 12 février 2026, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray appelle à une mobilisation collective contre la violence scolaire et le harcèlement.

Cette mobilisation est nécessaire.

Mais une question mérite aussi d’être posée :

l’autorité peut-elle suffire si les enfants perdent peu à peu confiance en leur capacité à apprendre et à réussir ?

Dans cet article, je propose d’élargir le regard.

Ma réponse à la lettre du ministre de l’Éducation nationale

 

Un enfant ne naît pas violent

Un enfant ne naît pas violent.

Il naît curieux.

Il arrive à l’école avec une envie naturelle d’apprendre, de comprendre, de découvrir.

Et pourtant, certains enfants entrent à l’école avec des étoiles dans les yeux…

et en ressortent quelques années plus tard convaincus qu’ils ne sont “pas capables”.

Dans le débat public, on parle beaucoup de discipline.

Mais parle-t-on suffisamment du potentiel abîmé ?

Réponse à la lettre du ministre de l’Éducation nationale

Le 12 février dernier, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a adressé une lettre aux parents d’élèves pour les alerter sur la montée de la violence à l’école.

Cette lettre appelle à une mobilisation collective contre la violence et le harcèlement scolaire.

Elle rappelle également l’importance du rôle des parents dans l’éducation des enfants.

Sur ce point, je suis d’accord.

L’éducation est une responsabilité partagée.

Mais cette lettre m’a aussi donné envie de poser une autre question :

et si nous parlions aussi du potentiel des enfants ?

 

Les parents sont-ils vraiment démissionnaires ?

Dans sa lettre, le ministre rappelle l’importance du rôle des parents.

Et il a raison : l’éducation ne peut pas reposer uniquement sur l’école.

Mais les chiffres racontent une réalité souvent oubliée.

Selon l’enquête Ipsos – APEL 2023,
96 % des parents français se considèrent comme les premiers éducateurs de leurs enfants.

Source :
https://www.apel.fr/actualites/enquete-ipsos-apel-2023

Nous ne sommes pas face à une génération de parents démissionnaires.

Nous sommes face à des parents engagés, parfois inquiets, parfois démunis, mais profondément concernés par l’avenir de leurs enfants.

La vraie question mérite donc d’être posée autrement :

Les enfants vont-ils mal parce que les parents ne jouent pas leur rôle ?

Ou parce que le système éducatif ne voit pas toujours qui ils sont vraiment ?

 

Stress scolaire : ce que disent les données internationales

Les données internationales permettent d’éclairer ce débat.

Selon l’enquête PISA 2022 de l’OCDE, près d’un élève français sur deux déclare ressentir du stress lié à l’école.

Source :
https://www.oecd.org/pisa/publications/pisa-2022-results.htm

La France fait également partie des pays où l’origine sociale influence le plus la réussite scolaire.

Autrement dit, le milieu familial pèse davantage sur la trajectoire scolaire en France que dans la moyenne des pays développés.

Ces constats posent une question importante :

l’autorité seule peut-elle répondre à ces défis ?

 

La violence à l’école : l’autorité suffit-elle ?

La violence à l’école est une réalité.

Les agressions, les insultes ou le harcèlement sont inacceptables.

Personne ne souhaite minimiser ce phénomène.

Le cadre et l’autorité sont nécessaires.
Une institution éducative ne peut pas fonctionner sans règles.

Mais une question mérite d’être posée :

l’autorité, à elle seule, peut-elle résoudre la violence ?

Un enfant qui se sent capable construit.
Un enfant qui se sent inutile finit parfois par détruire.

Les recherches en psychologie de l’enfant montrent que les comportements violents apparaissent souvent lorsque l’enfant se sent :

  • rejeté

  • humilié

  • incapable de trouver sa place

Autrement dit, l’autorité est nécessaire.

Mais elle ne peut pas être la seule réponse.

Comprendre comment un enfant apprend,
comment il construit sa confiance,
et comment il développe son sentiment de valeur personnelle
fait aussi partie de la prévention de la violence.

 

Que font les systèmes éducatifs qui réussissent ?

Regardons ce qui se passe ailleurs en Europe.

🇫🇮 La Finlande

En Finlande, l’enfant est véritablement placé au centre du système éducatif.

L’erreur fait partie du processus d’apprentissage.
L’autonomie des élèves est encouragée.
Les enseignants bénéficient d’une formation longue et exigeante.

Source :
https://www.oecd.org/education/finland/

La Finlande figure régulièrement parmi les systèmes éducatifs les plus performants selon les enquêtes internationales.

Mais surtout, les élèves y déclarent un niveau élevé de bien-être scolaire.

 

🇪🇪 L’Estonie

L’Estonie est aujourd’hui le premier pays européen au classement PISA 2022 en mathématiques, sciences et compréhension de l’écrit.

Source :
https://www.oecd.org/pisa/publications/pisa-2022-estonia.htm

Le pays a fait des choix clairs :

  • investir dans la formation des enseignants

  • développer l’autonomie des élèves

  • intégrer intelligemment le numérique

  • valoriser les compétences transversales

La performance académique n’y est pas opposée à la confiance des élèves.

Les deux avancent ensemble.

 

Pendant ce temps, en France

En France, beaucoup d’élèves décrivent une expérience scolaire marquée par :

  • le stress

  • l’anxiété face à l’orientation

  • la peur de l’échec

Des familles se sentent perdues au moment des choix d’orientation.

Des adolescents vivent ces décisions comme une pression, plutôt que comme une opportunité.

Et lorsque l’origine sociale continue de peser fortement sur les trajectoires scolaires, cela dépasse le cadre éducatif.

C’est un enjeu de société.

 

Un potentiel immense

Un enfant ne naît pas violent.

La violence est souvent l’expression d’une colère.

Et la colère est l’émotion de celui qui ne se sent ni compris, ni reconnu, ni valorisé.

Chaque enfant naît avec un potentiel immense.

Ils ne viennent pas au monde avec l’envie d’échouer.

Ils viennent avec l’envie d’apprendre.

Ce n’est pas l’enfant qui s’éteint seul.

C’est parfois le système qui finit par l’éteindre.

 

Comment avancer ensemble ?

La solution ne réside pas seulement dans davantage de règles.

Elle passe aussi par une évolution de notre regard sur l’apprentissage.

Plusieurs pistes sont aujourd’hui bien documentées.

 

Mieux comprendre comment un enfant apprend

Les sciences cognitives montrent que le cerveau progresse par essais, ajustements et répétitions.

L’erreur n’est pas un échec.

Elle est une étape normale de l’apprentissage.

Source :
Stanislas Dehaene — Apprendre ! Les talents du cerveau

 

Reconnaître les talents multiples

Un enfant ne se résume pas à une note en mathématiques.

Il peut avoir :

  • une créativité remarquable

  • une intelligence relationnelle forte

  • une capacité d’empathie exceptionnelle

  • un sens aigu de la justice

Valoriser ces talents ne signifie pas renoncer à l’excellence.

Cela signifie élargir notre définition de la réussite.

 

Renforcer le partenariat entre l’école et les parents

Les parents ne sont pas des adversaires de l’école.

Ils veulent comprendre.
Ils veulent accompagner.
Ils veulent avancer.

Faire confiance aux parents permet de renforcer l’alliance éducative entre l’école et les familles.

 

Une responsabilité collective

L’éducation n’est pas un sujet secondaire.

C’est l’investissement stratégique le plus important d’une société.

Les enfants d’aujourd’hui
sont les adultes de demain.

Si nous éteignons leur potentiel,
nous affaiblissons notre avenir.

Si nous valorisons leur potentiel immense,
nous renforçons notre société.

Pour les parents qui souhaitent aller plus loin

La confiance d’un enfant ne se construit pas seulement à l’école.

Elle se construit aussi dans les mots qu’il entend à la maison, dans la manière dont on l’encourage, dont on pose un cadre et dont on l’aide à traverser ses difficultés.

J’ai rassemblé dans un guide les repères qui m’ont le plus aidée comme parent.

Un cadre simple pour :

• poser des limites sans casser le lien
• encourager un enfant sans le fragiliser
• nourrir sa confiance au quotidien

📘 Guide Paroles & Postures

32 pages concrètes pour accompagner un enfant sans abîmer sa confiance.

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